3 semaines camerounaises

Publié le par Benjamin DURIEZ

Voici un article écrit par mon frère après son séjour au Cameroun :


"Septembre, l’heure de la rentrée pour tout le monde. C’est le moment de prendre des vacances. Direction le Cameroun pour 3 semaines avec une amie. Allons voir un peu si la brousse ressemble à ce qu’en dit Benjamin sur son blog…

 

1) Première constatation, le Cameroun, c’est très grand. Presque 2 000 kilomètres du nord au sud. Alors, pour se rendre de Douala au sud à Maroua dans l’Extrême-Nord, il faut s’accrocher :

- C’est d’abord parti pour 4 heures de bus de Douala à Yaoundé, le long de l’ « axe lourd », le plus fréquenté du pays puisqu’il relie la capitale économique (et accessoirement le plus grand port) à la capitale politique.

- Arrivé à Yaoundé, il est temps de prendre le train de nuit. 16 heures (dans le meilleur des cas) pour se rendre à Ngaoundere. Cela se fait sans problèmes… sauf quand c’est la rentrée scolaire et que tout le Cameroun rentre au village. Dans ces conditions, cela nous donne le droit à une nuit mémorable assis sur son sac, entre les bâtons de manioc qui s’échangent de main en main, accompagnés par la voix tonitruante des prédicateurs religieux.

- A Ngaoundere, terminus, tout le monde descend ! Ne restent plus que 8 à 9 heures de bus jusque Maroua, à sauter sur chaque nid de poule et surtout sur les milliers de dos d’âne qui parsèment les routes camerounaises (valeureuse mais souvent vaine tentative de ralentir les fous furieux du volant). Dans le bus, les prédicateurs ferroviaires sont remplacés par un charlatan-guérisseur-bonimenteur. En avant pour deux heures de speech, le temps de passer en revue son stock de médicaments-miracle (certains censés guérir le sida, d’autres carrément ressusciter les morts). C’est drôle mais aussi inquiétant parce que les passagers achètent en masse. Espérons qu’ils iront quand même à l’hôpital le jour où ils seront vraiment malades.

 

2) Deuxième constatation, le Cameroun, c’est beau. Il y a d’abord les paysages, extrêmement variés : on ne s’ennuie pas, de la savane aux palmiers le long des plages volcaniques, des chefferies imposantes de l’Ouest aux petites cases en terre de l’Extrême-Nord, de la végétation luxuriante du sud aux champs de mil du nord, des lacs magiques du mont Manengouba aux pics de Rhumsiki…


Et puis, il y a les gens : là aussi, la diversité règne entre les grands costauds du sud et les grands longilignes du nord, sans compter les Peuls au nez « européen ». Et encore, on n’a pas rendu visite aux petits Pygmées de l’Est. Et puis, quel plaisir de pouvoir parler français partout : dans la voiture à quatre sur la banquette arrière, en buvant du bilbil (l’alcool de mil) au marché, autour d’un délicieux poisson braisé, en partageant la boule de mil dans un village (parler permet d’ailleurs de faire passer la boule, pas franchement digeste)… Finalement, l’anglais, c’est bien mais la francophonie, c’est tellement mieux !

D’ailleurs, au Cameroun, un pays officiellement bilingue (français et anglais, les centaines de dialectes locaux ne comptant pas parmi les langues officielles), le français se débrouille beaucoup mieux que l’anglais. Là où les Camerounais francophones parlent et écrivent un français très correct (sans doute meilleur que celui pratiqué par une bonne partie des Français), les Camerounais anglophones ont inventé le pidgin, un horrible dialecte que je mets la reine d’Angleterre au défi de comprendre.

 

3) Enfin, si ce voyage était aussi intéressant, c’est parce que j’ai pu découvrir un nouveau  pays en développement après le Cambodge, où j’ai travaillé pour Enfants du Mékong. Exercice périlleux que de vouloir comparer un pays où on a vécu un an avec un autre où on a passé 3 semaines de vacances, mais risquons-nous quand même.

Première surprise, malgré l’éloignement géographique des deux pays, ce sont d’abord les ressemblances qui frappent :

- l’atmosphère dans les villes : la circulation anarchique des motos, les marchés, même l’architecture urbaine est assez proche

- la résignation de la population face à la corruption visible des autorités (avec sans doute une violence latente plus forte chez les policiers camerounais)

- les conditions de transport : ici comme là-bas, 7 personnes dans la voiture, c’est le minimum syndical pour que le chauffeur accepte de partir. Les routes (au moins les axes principaux) sont quand même beaucoup mieux entretenus au Cameroun. Mais bon, comme les distances y sont bien plus grandes qu’au Cambodge, on arrive à peu près aussi fatigué.

 

Au fil du voyage cependant, les différences apparaissent peu à peu :

- Aussi dysfonctionnel soit-il, l’Etat camerounais semble remplir plus ou moins ses missions : ceux qui gagnent un salaire correct paient des impôts, les professeurs sont payés et viennent enseigner, les routes sont refaites quand leur état devient vraiment lamentable…

- Par rapport aux Cambodgiens, les Camerounais (du moins ceux que j’ai rencontrés) paraissent beaucoup moins isolés culturellement. Sans doute grâce à la télévision française, ils sont au courant de l’actualité internationale, ont un avis sur Bush et sur Sarkozy (là où les Cambodgiens n’ont même jamais entendu parler de Zidane).

 

Pour finir, si vous n’êtes pas encore convaincus, les vrais bonus du voyage : bronzage à tout épreuve et perte de poids garantie : - 4.5 kilos en 3 semaines.

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Bon, vous l’avez compris, un voyage au Cameroun s’impose pour découvrir tout ça..."

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Publié dans Tourisme

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