Première semaine...

Publié le par Benjamin DURIEZ

Quelques nouvelles de l'Extrême Nord Cameroun...

Je vais très bien, l'atmosphère commence à me sembler beaucoup moins humide, signe que je m'habitue aux températures un peu lourdes et aux pluies soudaines et violentes, et signe également que la saison des pluies brûlent ses dernières cartouches. Tant mieux car je suis rongé de piqûres de moustiques. Ils sont voraces et mon sang un peu généreux. J'avais également dû conserver quelques anticorps farouches de mes précédents voyages car je suis épargné par la turista (bon, sauf une nuit, mais pas grand chose quand même).

Que se passe-t-il de trépidant par ici? Ma foi, mille choses si simples qui émerveillent pour peu qu'on se donne la peine de sourire, de s'ouvrir. Le rire de l'enfant qui essaie de marcher avec ses nouvelles attelles, le bonjour du malentendant que je comprends enfin, le petit qui interrompt sa danse effrénée pour retirer de ma chemise l'araignée qui y grimpe... Bref, rien! Je commence à devenir familier pour tous les enfants. La meilleure technique est de jouer au football. C'est imparable et le nassara qui se fait dribbler par l'africain fait s'esclaffer, mais le nassara qui se venge en dribblant à l'africaine fait applaudir!

Depuis mon arrivée, j'ai découvert Maroua, la ville de presque 300.000 mille habitants, distante de 33 km. Je crois qu'après un premier week-end, je m'y retrouve enfin. Je sais où aller boire une bière (Guinness a une usine au Cameroun, ça tombe bien, j'aime les brunes... heu non! la brune), où trouver le diocèse, les banques, le marché de l'artisanat... L'essentiel en quelque sorte.

J'ai commencé à "prendre en main" les projets de la Fondation en rassemblant des données historiques, géographiques et techniques (un début seulement). L'important sera de bien connaître ce dont on doit parler pour le défendre correctement. Bref, en ayant fait 5 ans de Droit, il est délicat d'aborder de front la pisciculture, l'ergothérapie et les forages à pompe Vergnet. Les études juridiques m'auront au moins appris à être curieux!! Tout cela s'annonce vraiment intéressant et donne l'envie de s'investir. Et puis ça parle fric et autres gros sous... héhé!
Mais j'espère réussir à m'investir de manière à ne pas passer ma vie sur internet ou le traitement de texte, pour rencontrer, mon but premier. Ca commence déjà avec les enfants de tous âges et le personnel de la Fondation. Et ça se poursuit dans le taxi-brousse lundi matin puis au petit marché du mercredi pour partager le bil-bil (mil fermenté, existant partout dans les villages d'Afrique, sous diverses appellations). Ensuite, il y aura les déplacements à Yaoundé, ou ailleurs au Cameroun pour démarcher les ONG.

Et puis il y a la rencontre avec un pays... Le Cameroun. Quand on m'a annoncé le lieu de ma mission, j'ai vraiment eu une réaction enthousiaste. Le Cameroun... Le coeur de l'Afrique, une culture ancestrale, les pygmées, la forêt équatoriale, les montagnes, la mer, le foot... Et voilà, j'y suis... Je me rends bien compte qu'on ne connaît que vaguement le pays (donc rattrapage ci-dessus), car a priori je me disais que le tourisme était développé. Avant de découvrir l'absence de Guide du Routard! En tout cas, je compte bien essayer de me déplacer un maximum avec mes visiteurs éventuels ou les autres volontaires.
Dès ce week-end, avec Jérôme, le spécialiste ès-halieutique (ça en jette quand même!) et un couple de physiothérapeuthes italiens volontaires pour un an à la Fondation, nous partons pour Rhumsiki. Tout ce que je peux vous en dire, c'est qu'André Gide a qualifié ce paysage de rocs granitiques émergeant des monts "d'un des plus beaux du monde". Tout simplement. Alors après avoir tout juste fini Les Nourritures terrestres, j'irai vérifier si son talent se cumule avec un bon goût contemplatif. Je vous donnerai des nouvelles, et photos.

A très bientôt. Et merci pour vos réactions intéressées et vos encouragements quant à ma nouvelle vie.
Tél : +237 74 99 35 27
 
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Publié dans Vie quotidienne

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